(Répétition du titre)
Le Pakistan et l'Afghanistan ont annoncé mercredi suspendre temporairement leurs opérations militaires l'un contre l'autre à l’occasion de la fête islamique de l'Aïd al-Fitr, une décision inattendue deux jours après qu'un centre de désintoxication à Kaboul a été touché par une frappe meurtrière.
Selon la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua), 143 personnes ont été tuées lundi soir dans le bombardement par Islamabad sur l'hôpital Omid, établissement de 2.000 lits pour toxicomanes.
Le gouvernement taliban afghan a dressé pour sa part un bilan de 400 morts et 265 blessées à l'occasion de cette frappe, touchant les résidents et le personnel du centre en pleine prière.
Le Pakistan a démenti avoir ciblé l'hôpital Omid, affirmant avoir "visé avec précision des installations militaires et des infrastructures de soutien au terrorisme".
Ce bombardement est intervenu alors que les deux pays voisins, jadis alliés, sont depuis le mois dernier en "guerre ouverte".
Mais mercredi, le Pakistan, par la voix de son ministre de l'Information Attaullah Tarar, a toutefois annoncé suspendre temporairement ses opérations militaires contre l'Afghanistan.
Cette interuption, a-t-il écrit sur X, a été décidée à l'initiative du Pakistan et à la demande des pays islamiques que sont l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Elle prendra effet mercredi à minuit et durera jusqu'au 23 mars à minuit.
"Le Pakistan fait ce geste de bonne foi et dans le respect des normes islamiques", a-t-il déclaré, ajoutant que les opérations reprendraient avec une intensité renouvelée en cas d’attaque transfrontalière, d’attaque de drone ou de tout "incident terroriste" à l’intérieur du Pakistan.
Cette annonce a été suivi par une déclaration similaire des taliban, Kaboul ayant décidé de suspendre ses opérations défensives, également à la demande de l'Arabie saoudite, de la Turquie et du Qatar.
Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabiullah Mujahid, a toutefois déclaré sur X que l'Afghanistan riposterait à toute agression en cas de menace.
Islamabad accuse les taliban au pouvoir à Kaboul de laisser l'Afghanistan servir de sanctuaire aux combattants du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) et du groupe Etat islamique (EI) pour lancer des attaques contre le Pakistan, ce que démentent les taliban. Ces derniers jugent que la lutte des autorités pakistanaises contre les groupes armés relève d'un problème interne au Pakistan.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a fermement condamné la frappe aérienne sur l'hôpital Omid et a appelé à la mise en place d'une enquête indépendante et impartiale, a déclaré un porte-parole.
(Ariba Shahid, Jean-Stéphane Brosse et Etienne Breban pour la version française, édité par Sophie Louet)

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